Accessibilité : communiquer, c’est déjà agir !

Cette année, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a soufflé ses vingt bougies… mais sans éclat. En effet, sa mise en œuvre laisse à désirer, comme le souligne le collectif Les Dévalideuses dans un article.

Tous les bâtiments recevant du public devaient être aux normes en 2015. Pourtant, la réalité s’avère toute différente :

  • 70 % de demandes de dérogations ont été validées.

  • Seuls 45 % des bâtiments respectent les normes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

  • La prise en compte de l’accessibilité se limite souvent aux seuls handicaps moteurs. Elle englobe, pourtant, les déficiences visuelles et auditives, les troubles cognitifs, les maladies invalidantes…

Les mots comptent

Lors de ma formation en rédaction web, la première chose qui m’a été enseignée est l’importance de la clarté. Utiliser un langage clair pour rendre l’information compréhensible par toustes. Par conséquent, vous incluez tout le monde dans votre discours que celui-ci soit écrit ou oral.

Je vais plus loin : je vous aide à rendre votre communication plus accessible dans vos pratiques, vos bureaux ou vos bâtiments.

Dans cette vidéo, j’explique en 3 minutes pourquoi dire les choses allège la charge mentale des personnes concernées et en quoi cela est positif pour vous aussi, en tant qu’employeuse ou employeur.

Petite recommandation podcast : je vous conseille vivement d’écouter l’épisode du 9 février 2025 du podcast Encore heureux, intitulé « Et si votre validisme vous empêchait d’être heureux ? ».
L’invitée, Mathilde François, explique avec beaucoup de clarté, de recul et une belle dose de lumière ce qu’est le validisme et la charge mentale qu’il impose aux personnes en situation de handicap.
Elle parle du quotidien, du rapport aux autres, et bien sûr du monde du travail, qui en fait pleinement partie.

L’accessibilité des entreprises et des bâtiments : une question de cohérence

Donner accès à toutes et tous à table

Dès 20 employé•es, l’effectif doit compter 6 % de personnes en situation de handicap. Or, dans la pratique, cette obligation est rarement respectée. Et lorsqu’une personne en situation de handicap est embauchée, son intégration reste souvent partielle, voire inexistante.

Le validisme crée une triple charge mentale pour les personnes handicapées salariées : il faut travailler, gérer ses symptômes et gérer le validisme, aussi bien individuel que structurel.

20 ans de loi pour l’égalité des chances des personnes handicapées : bilan antivalidiste — Les Dévalideuses

Dans le numéro de février de « L’écriture inclusive, sur place ou à emporter », je vous invitais à imaginer une table où tout le monde se sent à l’aise pour échanger, travailler et décider. Une table qui pourrait se trouver dans un bureau, une salle de réunion, un événement, une cantine…

Mais encore faut-il que tout le monde puisse y avoir accès à cette table.

Un salon de thé inclusif, le rêve…

En mai 2023, alors que je cherchais un local pour ouvrir mon salon de thé idéal, une amie me signale qu’un espace tout neuf est à vendre en bas de chez elle. Il est aux normes PMR. Curieuse et enthousiaste, je le visite. Effectivement, il s’avère flambant neuf… mais totalement vide : pas de parois, pas de WC, pas de plancher, pas de plafond. Tout reste à construire et à imaginer.

Je fais venir des architectes pour évaluer les travaux. Ensemble, nous faisons le tour du local, discutons des aménagements nécessaires. Quelques jours plus tard, elles me remettent un devis. Verdict : le coût des travaux dépasse largement mon budget.

Malgré tout, je décide d’avancer et prends rendez-vous avec une avocate et un expert-comptable. Avant notre rencontre, je leur envoie une présentation détaillée de mon projet, en insistant sur les questions d’accessibilité et d’inclusion.

… et la réalité

Lors du rendez-vous, j’explique brièvement mon concept, ses valeurs, ainsi que les futurs aménagements nécessaires pour l’acoustique et l’éclairage. J’insiste aussi sur un point essentiel : pour garantir une circulation fluide, les tables devront être suffisamment espacées.

À la lecture du devis, l’expert-comptable tranche rapidement : c’est financièrement impossible. L’avocate, quant à elle, me pose une question qui me laisse sans voix : « Vous ne pourriez pas aménager un petit espace à part pour les personnes en situation de handicap afin de mettre plus de couverts ? »

La gifle.

Elle me proposait de reléguer certaines personnes dans un coin, alors que mon projet reposait sur l’inclusivité ! J’ai pris conscience que cette gifle, les personnes handicapées la recevaient tous les jours.

→ Une campagne publicitaire d’European Disability Forum qui daterait de 2008 (je n’ai pas réussi à trouver la date exacte) retourne la situation.

Alors, que peut-on faire, concrètement ?

Communiquer sur l’accessibilité (et la non-accessibilité) : anticiper pour inclure

Grâce aux Dévalideuses et à leur super outil « Accessibiliser un événement », j’ai compris que l’importance, ce n’est pas la perfection, mais l’information. Le principal c’est de communiquer. Parce que dès que vous communiquez, vous vous intéressez et vous prenez conscience. Vous agissez et vous irez plus loin par la suite.

Dans mon travail avec les entreprises et les associations, mon objectif est simple : les aider à mieux communiquer sur l’accessibilité et la non-accessibilité de leurs espaces et leurs pratiques.

Comment ça marche ?

  • Je fais le tour de vos bureaux et ateliers.

  • J’interviewe la direction, les ressources humaines, le ou la responsable diversité, les salarié·es via un questionnaire (dont les réponses restent confidentielles) ou en tête-à-tête.

  • Je rédige des fiches claires sur ce qui est possible ou non dans votre entreprise en terme de compensation des besoins.

  • J’écris des textes plus courts à copier-coller sur votre site, vos offres d’emploi, vos mails professionnels.

Pourquoi est-ce important ?

Imaginez. Vous travaillez dans une entreprise depuis quelques semaines. Votre badge temporaire, qui était valide pendant seulement 3 jours, est expiré. Vous devez donc demander à l’agent ou à l’agente d’accueil de vous laisser entrer manuellement. Chaque fois, une personne de votre service doit confirmer que vous travaillez toujours dans l’entreprise.

Comme vous avez perdu du temps pour arriver à votre poste de travail, vous êtes en retard à la réunion prévue ce matin. Tout le monde parle très vite en jargon technique inconnu. Dès que vous demandez à un ou une de vos collègues de traduire, elle vous dit qu’elle vous expliquera plus tard.

Vous ne pouvez pas participer aux échanges.

Vous sentez-vous le ou la bienvenue dans cette entreprise ?

L’accessibilité, c’est éviter ce type de situations.

Anticiper pour intégrer

Que pouvez-vous faire pour régler les situations de l’exemple ci-dessus ?

  • Prolongez la durée de validité des badges des recrues (par ex. sur 3 semaines), même si elles auront leur badge définitif au bout de 3 jours.

  • Fournissez les informations nécessaires (nom, prénom, date de fin de période d’essai, date de fin de contrat) aux responsables de l’accueil et de la mise à jour des badges. Cela évitera qu’iels perdent du temps à appeler quelqu’un•e en cas de problème.

Pour faciliter l’intégration des nouvelles personnes salariées, il est recommandé :

  • d’éviter le jargon ;

  • d’expliquer les acronymes ;

  • de sensibiliser les équipes.

Ce sont tous les aspects de l’accessibilité que je vous propose de décortiquer ensemble.

Pourquoi communiquer avec transparence sur l’accessibilité ?

Pour les personnes concernées

Vous leur évitez une charge mentale inutile. Elles sauront si elles peuvent venir, et dans quelles conditions.

Elles verront aussi que vous êtes conscient·e de leurs difficultés et que vous agissez pour les accueillir dans de bonnes conditions.

Sortir de chez moi c’est comme si je plongeais dans la mer, pour aller faire un tour à la nage. S’il y a des espaces calmes dans lesquels je peux être vulnérable en sécurité, c’est comme s’il y avait des îles pour faire des pauses. Sinon, je suis en totale autonomie. Des fois, tu sais que tu es allé•e trop loin, tu ne peux pas faire demi-tour et donc tu fais un crash au milieu de la mer. 

Mathilde François, La vie à croquer.

Qui sont ces personnes ?

  • vos salarié•es ;

  • les talents qui postulent chez vous ;

  • votre clientèle ;

  • vos partenaires ;

  • vos fournisseuses et fournisseurs.

20 % de la population française est en situation de handicap. Une déficience peut être temporaire ou permanente, fluctuante ou constante, apparente ou invisible. Des personnes sont forcément concernées dans votre entreprise. Certaines le taisent, par peur de discrimination.

Voici l’article d’une de mes super clientes, Marie-Laure Renaudet, qui explique les 7 catégories de handicaps et leurs impacts sur la vie quotidienne en entreprise des individus touchés.

D’ailleurs, j’ai eu la chance de participer l’année dernière, à sa formation intitulée « référent•e diversité inclusion : focus handicap » à côté de Bordeaux.

Comme c’est bientôt le 8 mars, je vous souffle à l’oreille que Marie-Laure est également ambassadrice du jeu «Les Mille Pas». Elle vous fera découvrir les défis auxquels une femme fait face au fil de sa carrière, notamment la conciliation travail-famille, les stéréotypes liés au genre, l’argent, le pouvoir, le sexisme et l’estime de soi…

Pour les entreprises

  • Moins de stress = plus de concentration et de bien-être au travail ;

  • Des salarié·es plus engagé·es ;

  • Une attractivité renforcée pour recruter, pour votre clientèle et vos partenaires ;

  • Un alignement entre votre discours et vos actions.

Sur ce dernier point, dans son infolettre du 12 février 2025 intitulée « être une entreprise militante », Charlotte Marti cite un extrait de la page carrière de l’entreprise Tesla France :

Nous offrons un certain nombre d’opportunités vous permettant de trouver la communauté qui vous correspond chez Tesla, grâce aux groupes-ressources pour les employés (ERG). En créant un espace pour se retrouver autour d’intérêts et d’objectifs communs, notre réseau ERG soutient un lieu de travail diversifié et inclusif.

Je suis restée sans voix : Elon Musk est le fondateur de Tesla. Ses saluts nazis et sa parole publique, donc ses actions, rentrent en contradiction avec le message porté par la page carrière de son entreprise.

Soyez en cohérence !

Si vous souhaitez mettre vos propos en cohérence avec vos actions, si vous avez des remarques ou des expériences à partager, contactez-moi par mail : beatrice[at]lessensetlecrit.fr.

À bientôt,

Béatrice Schaller-Le Leu

responsable de contenus écrits inclusifs et accessibles

L’écriture inclusive, sur place ou à emporter

Par Beatrice Schaller-Le Leu

Béatrice Schaller-Le Leu, je suis responsable de contenus écrits inclusifs en freelance.

En 2022, j’ai choisi de m’installer dans les Pays de la Loire et de réinventer ma vie professionnelle. Mon idée consistait à ouvrir un salon de thé à Clisson. C’est en étudiant ce projet que j’ai pris conscience des problèmes d’exclusion que rencontrent de nombreuses personnes dans des lieux dits conviviaux.

Ces constats m’ont amenée à m’intéresser aux enjeux de l’accessibilité et de l’inclusivité. Les rencontres et les discussions avec des individus concernés par des discriminations et des spécialistes ont été une révélation : plus j’explorais ces questions, plus j’étais frappée par l’ampleur des ségrégations.

En 2024, je me suis formée à la rédaction web avec Lucie Rondelet en me spécifiant dans l’écriture inclusive.

Je rédige des textes clairs et inclusifs, en adéquation avec des valeurs d’égalité et de respect pour :

  • votre site internet avec référencement naturel (SEO) ;

  • vos autres documents numériques ou papiers : rapports d’activités, eBook, affichage, offres d’emploi…

J’aide également les entreprises et les associations à communiquer sur leurs pratiques d’accessibilité.


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